Le domaine est situé sur la rive gauche du ruisseau de la Prade.
En 1569, le géographe Nicolas de NICOLAY y voit, dans sa description du Bourbonnais «un fort-chastel». Ce château-fort faisait partie d’une ligne de fortifications issue de l’occupation anglaise. Elle comprenait, entre autres, la ville fortifiée et le château de Montaigut, la Tour de Ronnet, le château de Marcillat, le château de Pionsat et celui de l’Ours.
La Guerre de Cent Ans est un conflit opposant, de 1337 à 1453, la dynastie des Plantagenêt à celle des Valois, et à travers elles, le royaume d’Angleterre se bat contre le royaume de France. La victoire de Poitiers, le 18 septembre 1356, est éclatante pour l’armée anglaise, le roi de France Jean II est fait prisonnier avec un de ses fils cadets.
Le traité de Brétigny, signé en mai 1360, abandonne le Limousin et le Poitou à la souveraineté anglaise. Désormais, la Marche, la Combraille et le sud du Berry deviennent une zone frontalière parcourue par des bandes de mercenaires issus de l’armée anglaise, mais aussi de l’armée française.
De nombreux combattants préfèrent continuer la guerre à leur propre compte plutôt que de rentrer chez eux. On les nomme «les routiers». Ils font des incursions régulières en Combraille où ils mettent à sac les villes et pillent les habitants. Les châteaux fortifiés deviennent des refuges où les villageois peuvent venir se réfugier en cas de danger.
Le cadastre de 1830 indique un étang qui autrefois alimentait à la fois les fossés entourant le château et un moulin construit en contrebas. L’emplacement des douves est encore repérable. Il reste aussi quelques vestiges de la butte du château et de ses murs.
La Maisonneuve est, à l’origine, un fief de la famille de BALLERIN. Leur noblesse est reconnue depuis 1486, Geoffroy de BALLERIN, écuyer, épouse cette année-là, Jeanne de CHAUVIGNY de BLOT. Entres autres alliances distinguées, les BALLERIN se sont unis avec des CORDEBOEUF de Paray-sous-Briailles (Allier), des BOSREDON de Puy-saint-Gulmier (Puy-de-Dôme) et des CHATEAUBODEAU de Rougnat (Creuse).
En 1574, François de BALLERIN, dit la Maison Neuve, est un chevalier de l’Ordre de Malte. Il est répertorié défenseur de l’Île de Rhodes dans la guerre de la chrétienté contre les Turcs pour contrôler les lieux saints.
En mars 1734, Claude Gilbert de BALLERIN décède, sans descendance, loin de la Maisonneuve. C’était un militaire brigadier des armées du roi, lieutenant, aide-major des gardes du corps de sa majesté et chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Un notaire vient sur place pour dresser l’inventaire. Le château y est décrit : une chambre haute, une petite chambre, une cuisine, une écurie, une basse-cour, le tout attenant à un domaine agricole. Les biens inventoriés sont modestes : quelques meubles, deux bœufs, quatre vaches, une jument et quarante brebis et agneaux sous la surveillance du métayer A. BEAUDONNET.
En 1754, François de NEUVILLE et d’autres cohéritiers vendent pour 16 263 livres les terres et les bâtiments de la seigneurie à Jacques TAILLARDAT, Lieutenant Général au Baillage de Montaigut, qui réside à Perdechat, paroisse de Virlet.
Constantin TAILHARDAT, fils de Jacques, nait au château de Perdechat le 28 décembre 1752 ; il sera Procureur du roi en la sénéchaussée d’Auvergne et siège présidial de Riom. Elu, le 27 mars 1789, député du Tiers Etat, il siège aux Etats généraux. Revenu à Perdechat, il est arrêté et conduit à Riom, dans un hôtel transformé en maison de détention. Durant le trajet de Montaigut à Riom, attaché sur une charrette, on ne donnait pas cher de sa tête. Condamné, mais sauvé par la fin de la terreur en 1794, il ne fut pas exécuté.
Remis en liberté, Constantin TAILHARDAT repris ses fonctions de juge au tribunal d’appel de Riom, puis fut nommé Conseiller à la Cour Impériale. Anobli seigneur de la Maisonneuve par le roi Louis XVIII en 1814, décoré de l’ordre de Malte et de la Légion d’honneur, il avait entre-temps acquis de nombreux biens nationaux dont l’abbaye de Bellaigue et les domaines rattachés. Il est mort, à Perdechat, le 3 décembre 1831.
Sources : Jean-Paul VIRMONT, pour le bulletin municipal de La Crouzille
