Hippolyte DUFAL, est né à Saint-Gervais en 1855. Il est le fils de Gilbert, qui au retour de sept ans d’armée où il apprit le métier de boucher qu’il exerça à son retour à Saint-Gervais. Il se maria avec Margueritte ROBERT qui était sage-femme. Ils exercèrent tous les deux leurs métiers à Saint-Gervais, dans la maison familiale. Hippolyte fut envoyé faire ses études secondaires chez les frères des Ecoles chrétiennes à Clermont. Ses capacités aidant, il est entré dans l’administration des Ponts et Chaussées de Clermont.
Hippolyte apprit son métier, passa des concours internes, affina ses connaissances au service des Ponts et Chaussées de Clermont et de Montluçon avant de finir à Limoges. L’étude du viaduc des Fades fut son activité maitresse.
Le viaduc des Fades a été longtemps le plus haut viaduc ferroviaire du monde. Il a été construit à une époque où le chemin de fer était à la pointe de la technologie et du développement économique.
L’audace française était alors respectée dans le monde entier après le percement du canal de Suez, la construction de nombreuses voies ferrées et autres grands travaux dans de nombreux pays. Gustave EIFFEL, par sa tour et ses nombreuses réalisations internationales, était devenu un porte-drapeau de notre pays. Ainsi «Les Fades» était une œuvre ambitieuse dans une époque où les réalisations techniques étaient porteuses de notre fierté nationale.
L’étude de la liaison ferroviaire de quelque quarante-huit kilomètres entre Saint-Eloy et Volvic avait été confiée à l’administration des Ponts et Chaussées. Hippolyte DUFAL y était spécialiste des charpentes métalliques, en pleine expansion à l’époque.
Dans le projet étudié, la mise en place du tablier, de type dit à «poutres droites», s’effectuait par voie de lançage, selon une technique déjà bien éprouvée. Entièrement montée sur la rive droite, chaque travée était successivement poussée en place sur des châssis à bascule munis de galets actionnés par des leviers.

Afin de diminuer l’importance du porte-à-faux au moment du franchissement de la portée centrale, il avait prévu d’ajouter, en bout du tablier, une structure métallique provisoire, appelée « avant-bec », destinée à soulager la partie avant du tablier lors de l’opération de lançage et d’établir contre la pile de la rive gauche, une longue plate-forme haubanée en saillie au-dessus du vide, appelée «estacade »destinée à recevoir l’avant-bec. Au final, cette solution ne sera pas retenue car la configuration accidentée des lieux aurait rendu irréalisable l’assemblage.
En fin de compte, il fut stipulé au cahier des charges que l’entrepreneur devait faire son affaire du procédé à employer pour le lançage du tablier et c’est l’ ingénieur CARTIER, de la Société Française de Construction Mécaniques de Denain qui trouva la solution : la mise à disposition des monteurs d’un véritable atelier mobile, la fameuse «cage volante» qui permit l’assemblage direct des éléments constitutifs du tablier à leur emplacement définitifs, par tronçons successifs de sept-mètres vingt.
Le 1 juin 1894, l’étude de réalisation du futur viaduc des Fades fut confiée au sous-ingénieur GUILLAUME à Limoges, puis à Félix VIARD qui lui succéda. H DUFAL, qui avait des années de recul sur le projet, prit ses fonctions à ses côtés, les deux hommes portant le titre de «conducteur principal» sous les ordres de l’ingénieur en chef, responsable de l’ensemble de la ligne : Abel DRAUX.
Le 26 avril 1901, le projet d’exécution définitif du Viaduc des Fades recevra l’approbation ministérielle.
Hippolyte DUVAL épousa Elise BATISSE, la fille de son chef, ingénieur originaire de Courpière, qui eut la responsabilité de construire le premier observatoire du Puy-de-Dôme. Hippolyte décédera le 7 juin 1932 dans sa maison à Saint-Gervais.
Sources : un texte de Paul DUFAL, en collaboration avec Jean-Paul SOULIER, pour L’ECHO DE LA VALLEE.
